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La nouvelle est tombée comme un coup de massue: 100% des abattoirs de l'ile de France produiraient de la viande hallal.

Au delà de cette nouvelle, aussi surprenante soit-elle, se pose d'une part la question de la façon dont les animaux sont abattus et d'autre part celle de la liberté de choix du consommateur. La récente déclaration du ministre de l'intérieur ne fait que rajouter de la confusion à une affaire pour le moins sensible.

 

Le sujet est délicat; il touche sur le fond la religion et les traditions d'une partie de la population de notre pays, les musulmans et les juifs. Les rituels d'abattage des animaux pour l'obtention de la viande hallal ou casher sont effet très voisins. L'animal, sain, doit être égorgé puis vidé de son sang pour que sa viande soit consommable par un musulman ou un juif respectant la tradition.

La loi, musulmane ou juive, doit être appliquée sans dérogation ni modification.

Là où le bas pourrait blesser, ce serait la volonté de certaines associations de défense des animaux militant pour des règlements interdisant l'abattage rituel sous prétexte que ces pratiques feraient souffrir les animaux. Si effectivement la souffrance des animaux est démontrée et jugée inadmissible par le législateur le conduisant à interdire purement et simplement l'abattage par égorgement ou -ce qui serait également rédhibitoire- d'ajouter une étape -interdite selon les lois religieuses- d'étourdissement de l'animal au préalable à l'égorgement, on arriverait très vite au minimum à une impasse et au pire à un affrontement juridique entre la loi républicaine et des lois religieuses. L'issue pourrait conduire au désordre public voire pire, on a tous en mémoire en effet les problèmes liés à l'adoption de la loi sur le foulard islamique ou sur - plus problématique- l'affaire de la caricature du prophète qui ont suscité en leur temps l'émoi des communautés musulmanes en France et en Europe.

 

Le second souci, c'est d'apprendre que le consommateur de viandes francilien mange sans qu'il s'en aperçoive et sans qu'il soit d'accord de la viande rituelle. Cette solution sur le principe du "qui peut le plus, peut le moins" qui si on y réfléchit bien tend à satisfaire 14% des consommateurs de la région parisienne, a de quoi sérieusement irriter ceux dont la philosophie est justement de ne pas consommer de la viande rituelle soit parce qu'elle est justement rituelle, soit parce qu'elle contrevient à leurs principes de respect des animaux.

La traçabilité s'applique à la viande et le type d'abattage tout comme le label de qualité - qu'il soit à but religieux ou autre- ou l'origine de l'animal devrait clairement être indiquée sur les emballages de viande pour que le consommateur puisse décider selon ses propres convictions. Que ne dirait-on pas en effet si à l'inverse, les croyants apprenaient que la viande qu'il consomment au lieu d'être abattue de façon rituel l'est par d'autres moyens ?

 

 

 

Enfin, faire le lien entre l'abattage rituel et le droit de vote des étrangers aux élections locales est pour le moins bien surprenant. Car faire peur aux français en lançant comme une menace le vote des étrangers (et suivez mon regard, plus particulièrement certains d'entre eux) et la généralisation de la consommation de la viande hallal dans les cantines est complètement déplacé voire scandaleux. Car il présuppose qu'un certain communautarisme est parfaitement capable de changer les lois et les valeurs de la République. Cela n'est évidemment pas acceptable. C'est pour le moins faire preuve de faiblesse dans ses convictions et dans ses valeurs que d'avoir peur à ce point là de l'autre.

 

 

 

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Tag(s) : #politique

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