Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Thriller en cabine plein ciel

Tous ceux qui ont déjà pris l'avion ou qui empruntent ce moyen de locomotion régulièrement connaissent sûrement cette angoisse secrète tapie au plus profond d'eux et qui se réveille à plusieurs dizaines de kilomètres d'altitude en plein ciel lorsqu'une petite voix intérieure s'interroge soudain «et si un détraqué s'était immiscé dans l'avion avec une bombe sur lui?».

«Non-Stop» est un film à déconseiller absolument à tous ceux qui éprouvant régulièrement un tel sentiment n'arrivent pas à se raisonner. Car en effet, cette histoire à suspens est un huit-clos à l'intérieur d'une carlingue pressurisée en cabine plein ciel avec Liam Neeson dans le rôle principal. Du vue et du revue, me direz-vous? Très certainement, et vous aurez raison de le souligner, l'intérêt de ce genre de long métrage n'existant que dans la mesure où le scénario tient la route (ou le couloir aérien), l'interprétation à la hauteur (rassurez vous quand même pas de 12000 pieds) et les effets spéciaux réussis. Pour vous aider à faire votre choix, voici un focus sur ce thriller aérien.

L'histoire


William Marks est un agent britannique de la sécurité aérienne qui a manifestement de graves problèmes avec l'alcool. Il embarque à New-York sur un vol à destination de Londres, visiblement très affecté par de graves problèmes personnels. A l'intérieur de l'avion, un individu utilise la ligne confidentielle et secrète intérieure pour communiquer avec Marks et pauser un ultimatum. Si la compagnie ne fait pas un virement de 150 millions de dollars sur un compte bancaire, il exécutera un passager toutes les 20 minutes. Dès lors, Marks n'aura de cesse de traquer l'inquiétant et mystérieux passager présent dans l'avion pour le mettre hors d'état de nuire le plus rapidement possible afin d'éviter une hécatombe.

Mon avis


Je me suis toujours demandé pourquoi les gens choisissaient délibérément de se rendre au cinéma pour aller voir un film catastrophe, un movie policier bien sanglant avec psychopathes en série vicieux , cyniques et avides de violence ou bien encore des crashs aériens à la trame particulièrement dramatique mais finalement sans surprise?

Est-ce l'envie de se rassurer en exorcisant ses propres angoisses ou bien un goût bien plus morbide pour le sang et la misère humaine? J'ose espérer que c'est bien pour la première raison, bien sûr, que la plupart des gens se précipite au ciné pour aller voir ce genre de films. Rassurez-vous, je fais bien partie de cette catégorie-là de spectateurs.

«Non-stop» est vraiment LE prototype du film policier à suspens se déroulant dans l'univers restreint d'un avion. Mais, c'est tout à la fois un film policier, un film catastrophe et sans dévoiler la fin, une histoire aux allures de crash aérien.

"Non-stop" est donc l'histoire d'un agent des services de sécurité qui a sombré dans l'alcool à la suite de problèmes familiaux et qui se retrouve impliquer dans une sale affaire. Pour l'instant, rien de bien original, du déjà vu même, on dirait. Même s'il est incarné par un Liam Neeson (la liste de Schindler, Star Wars 3 ou 4, je ne me souviens plus très bien du numéro, etc...) qui s'avère être l'une des grandes stars actuelles d'Hollywood. Alors comment expliquer le succès d'un acteur pareil? J'ai remarqué chez cet acteur, et cela se voit aussi dans «Non-Stop», une certaine fragilité dans quasiment tous ses personnages de héros bien solides et toujours vainqueurs à la fin. Ce doit être ce qui plait chez cet homme, grand, pas très beau mais bourré de charme, particulièrement adulé par la gent féminine.

Notre personnage donc est embarqué dans une aventure exceptionnelle. Les passagers sont en effet sous la menace d'un dangereux tueur présent dans le même avion. Ce dernier, bien sûr, durant la quasi totalité du film, est totalement introuvable et ne sera démasqué qu'à la toute fin de l'histoire. Les fausses pistes se succèdent comme dans un roman d'Agatha Christie. Du médecin musulman barbu au jeune informaticien noir à la belle rousse assise à côté de lui, tout le monde est potentiellement coupable, bien sûr, c'est cela qui entretient aussi le suspens. Sauf bien sûr la petite fille de 8 ans qui voyage sans ses parents ainsi que l'équipage de l'avion, a priori, le scénariste du film n'étant pas aussi vicieux...

Le dangereux tueur se paie même le luxe de narguer notre bon Liam une bonne partie du film en mettant effectivement ses menaces à exécution. Et il y arrive, le bougre, dans un espace exigu de quelques mètres carrés. Rien que ça! Mais je n'en dis pas plus.

Le film est illustré de bulles du genre bande dessinée pour afficher les contenus des messages SMS que s'envoient Marks et le mystérieux tueur par smartphones interposés. Excellent procédé d'ailleurs permettant au spectateur de suivre la communication et le déroulement de l'intrigue sans avoir à deviner ou bien à entendre le personnage principal répéter continuellement et à haute voix ou dans sa tête chaque message qu'il reçoit ou qu'il envoie. Le smartphone joue donc un rôle essentiel dans ce film, comme vous l'avez maintenant compris.

Le scénario est solide. Finalement très plausible même si les motivations du tueur sont -comment pourrait-on dire- fortement politisées et en fin de compte à la réflexion à la limite de l'absurdité quand on y réfléchit, mais pourquoi pas finalement, je laisse à tous ceux qui découvriront un jour ce film la totale appréciation.

Le film est servi également outre Liam Neeson, par de bons seconds rôles, qui ajoutent très certainement à la crédibilité globale et à la bonne qualité d'ensemble de ce film. On note également la présence de l'actrice noire qui fut la véritable révélation du film qui vient de triompher aux oscars dernièrement, 12 years a slave, celle qui a interprété le rôle de l'esclave noire martyrisée. Splendide Lupita Nyong'o.

2 mots sur le metteur en scène, un certain Jaume Collet-Serra, jeune réalisateur catalan de 40 ans qui a déjà mis en scène Liam Neeson il y a quelques années dans le film policier «sans identité», film qui connut un certain succès commercial.

A l'arrivée, on aura droit à une forte intensité dramatique tout au long du film mais aussi à quelques moments d'angoisse et d'émotion, la plupart du temps plus suscités par des effets psychologiques qu'illustrés réellement par des effets spéciaux ou par des scènes spectaculaires. A ce propos, on peut déplorer une fois de plus l'abus de ces scènes d'actions tournées en accéléré comme dans «Gladiator» ou dans des films catastrophes à grand spectacle qui n'ont pour but que de donner l'illusion au spectateur qu'il est en train de vivre des scènes hyper réalistes alors qu'en réalité, cela va tellement vite qu'il n'a au final qu'une impression globale d'avoir vécu quelque chose de grand; à l'arrivée cela se résume à pas grand chose finalement. Je tenais à le souligner car c'est très curieux comme sensation à vivre sur le moment car au final, il ne reste qu'un gros sentiment de frustration, si on analyse bien ce type d'artifices qui malheureusement ont tendance à se multiplier dans les films dits d'actions.

A part ça, l'étude psychologique des personnages est quasiment inexistante. A peine en saura-t-on sur les motifs ayant plongé Marks dans la mouise de l'alcoolisme. Sinon, pour les autres protagonistes de l'histoire, c'est silence complet!
Pas le moindre détail sur leur vie privée ou sur les faits marquants de leur existence les ayant conduits à avoir tel ou tel comportement. Sans être un film psychologique, le spectateur que je suis a besoin de ce genre de détails pour comprendre une attitude ou une façon de se comporter. Là, rien, les personnages restent complètement anonymes.

En conclusion, ce film est un divertissement plaisant mais sans plus. Il comblera néanmoins tous les amateurs du genre mais ne restera pas gravé -loin de là- dans les annales du cinéma. Mais était-ce son but d'ailleurs?

Tag(s) : #Cinéma

Partager cet article

Repost 0