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 "Moi, Jordan Belfort, escroc, drogué et sexe addict..."

J'ai découvert la bande annonce du dernier Scorcese, l'autre jour avant la projection du film de Ben Stiller «la vie rêvée de Walter Mitti». Une annonce tout à fait classique mettant en valeur l'immense star internationale que l'on ne présente plus, Léonardo Di Caprio, sous la houlette de l'un des plus grands metteurs en scène américains actuels. Annonce attractive certes mais sans plus, le monde de la finance et de Wall Street ayant été largement porté à l'écran ces dernières décennies par les grandes maisons de production hollywoodiennes. On se souvient notamment de "Wall Street 1 & 2" avec M. Douglas. C'est donc plus par curiosité et sur la réputation de tous ces grands noms à l'affiche du film que j'ai décidé d'aller au cinéma samedi soir pour découvrir ce que je pensais n'être qu'un film classique, sûrement rondement mené par un réalisateur que l'on ne présente plus mais que je pensais in fine sincèrement sans surprises. Et bien, le moins que je puisse dire, c'est que j'étais loin de la vérité. Très loin même.

Le thème du film


L'histoire vraie de l'ascension professionnelle et sociale d'un jeune courtier américain à Wall Street à la fin des années 80. Le film retrace sa réussite dans les affaires pas toujours très nettes accompagnée de ses travers, l'argent, le sexe et l'addiction aux drogues.

Le réalisateur et les acteurs


On ne présente plus Martin Scorsese. Depuis près de 40 ans, Scorsese a signé quelques chefs d'oeuvre du cinéma contemporain comme le mythique "Taxi Driver", Palme d'or du Festival de Cannes 1976 avec Robert de Niro dans le rôle principal, "Gangs of New York" ou plus près de nous, le somptueux "Shutter Island" avec déjà Léonardo Di caprio dans le rôle principal.

Les films de Scorsese ne laissent jamais indifférents. On se souvient de" La Dernière Tentation du Christ" qui défraya la chronique ou de "Taxi Driver" qui fut encensé par la critique, chacun en leur temps.

Metteur en scène exceptionnel, Martin Scorsese réussit dans chacun de ses films à recréer une atmosphère particulière propre au thème abordé. Ainsi, dans "Le loup de Wall Steet", Scorsese s'emploit à nous dépeindre le monde singulier de Wall Street et des traders. Monde du business et de la finance sans foi ni loi où l'argent est roi. Un monde également où les plaisirs faciles du sexe tarifé et de la prise de drogue sont omniprésents. Après avoir vu le film, je me suis intéressé à la vie de Scorsese et j'ai découvert que l'homme est né en 1942 dans une famille traditionnelle d'origine italienne très catholique.
Le jeune Martin souhaitait même effectuer le séminaire pour devenir prêtre mais ses parents l'en dissuadèrent. Lorsqu'on découvre ce film et ses dérives morales, on est stupéfait du chemin parcouru par l'homme, Martin Scorsese, depuis son adolescence jusqu'à ce film mais après tout, on se dit que cette histoire n'est pas la sienne mais bien celle du dénommé Jordan Belfort. Mais quand même, on peut se poser des questions sur l'évolution des idées de ce metteur en scène au cours de sa vie.

Acteur fétiche du génial Martin Scorsese, Léonardo Di caprio a pris la succession de l'autre monument du cinéma américain, Robert De Niro dans ses films. Le beau Léo produit dans ce film une interprétation remarquable, pour moi, sans doute la meilleure prestation de toute sa carrière cinématographique. En trader charismatique, brulant sa vie par tous les bouts, Léonardo Di caprio porte littéralement le film de Scorsese sur ses (larges) épaules. Dans ce film, il est omniprésent, dans chaque scène, chaque image, chaque plan. Il entre en scène dans la Vie par la petite porte pour bientôt en devenir une vraie star. Il harangue ses collaborateurs, il domine son monde , il aime, il jouit la vie et kiffe -comme on dit aujourd'hui- chaque seconde de son existence avec un plaisir inouï particulièrement beau à voir. Au sommet de sa forme, il nous livre d'après moi son meilleur rôle depuis "Titanic".

A ses cotés, Scorsese nous a déniché une bande de seconds rôles complètement déjantés, des vrais antihéros à la limite parfois du crétinisme. Comme il s'agit d'une histoire vraie, je ne sais pas si le vrai Jordan Belfort était entouré d'une telle bande de crétins mais si tel a été effectivement le cas, cela ne peut que renforcer encore plus la "performance" de ce type et mettre en exergue ses incroyables qualités de meneur d'hommes et de manager. Car tout de même arriver à telles prouesses financières avec des collaborateurs de ce calibre, cela relève tout simplement du génie même si, il est vrai, le business était entaché d'escroquerie et de malice.

Jonah Hill joue l'associé de Belfort, Donie Azoff. Un second rôle très drôle, parfois à la limite de l'absurdité caractérisée due essentiellement à la nature du personnage profondément affecté par la surconsommation d'alcools et de stupéfiants.
Enfin, citons Jean Dujardin dans le rôle du banquier suisse. Du cousu main pour le Frenchie d'Hollywood qui s'est fait un nom avec "The artist" mais qui s'il n'y prend pas garde risque fort d'être cantonné à ce type de rôles, c'est à dire celui du francophone de service aux comportements tout à fait européens détonnant avec les (bonnes) mœurs américaines.

Le film


Le jeune Jordan Belfort arrive dans le prestigieux cabinet de courtage Rotchild à Wall Street à la fin des années 80. Peu diplômé, on lui offre l'occasion de se former au métier de courtier en actions en commençant par faire le rabatteur pour son boss, c'est à dire en donnant des coups de fils tout au long de la journée à des personnes susceptibles d'investir en actions. D'entrée, son mentor lui fait comprendre les règles du jeu.
Ce travail stressant exige d'après lui quelques compensations et en particulier la satisfaction de ses besoins les plus essentiels. La prise régulière d'alcool mais aussi de cocaïne sensée booster les facultés intellectuelles et aider à supporter toutes les contraintes du métier.

Mais, l'expérience du jeune Jordan tourne court à la suite d'un lundi noir au cours duquel on assiste à un effondrement du Dow Jones. Le jeune homme est alors licencié. Loin de s'effondrer, Jordan décide de rejoindre un cabinet de courtage très modeste qui s'occupe d'actions de sociétés anonymes cotées au second marché. Grâce à ses immenses qualités de vendeur, il arrive à s'imposer très rapidement puis à fonder sa propre entreprise.

En s'entourant d'une bande de joyeux pieds-nickelés, il commence son ascension fulgurante en escroquant sa clientèle en provoquant la chute des valeurs des actions par la vente massive de ces mêmes actions en sa possession. Dès lors, plus rien ne va arrêter l'ascension du jeune Jordan tant sur le plan professionnel que social. Délaissant sa première femme pour un superbe mannequin, il va commencer une vie dissolue pleine d'orgies, de cocaïne et d'alcool. Le FBI mettra finalement le nez dans ses affaires. Est-ce le début de la fin pour Jordan Belfort?

Mon avis


Très honnêtement, avant le coup, je me suis rendu au cinéma pour voir ce film non pas à reculons mais avec beaucoup de réserves compte tenu de sa longueur (3 heures) et du thème abordé. Je ne savais pas que Jordan Belfort existait et que ce film était l'adaptation de son roman autobiographique.

D'ailleurs pour la petite histoire, il paraît que Léonardo Di Caprio s'est battu à coups de millions de dollars avec... Brad Pitt pour obtenir les droits du roman pour faire le film bien avant sa parution en librairie. Bref, je ne savais pas en visionnant ce film que le film était une histoire vraie et qu'au même titre qu'un Bernard Madoff, Jordan Belfort avait réussi à escroquer ses compatriotes en basant son business sur des magouilles financières.
Avec le recul, le fait que le film soit une histoire vraie renforce encore plus la portée des images et les interprétations des acteurs.

En tout cas, au final, j'ai vu un film réussi, tenant en haleine le spectateur du début à la fin. Le scénario est bien ficelé et l'interprétation excellente. Toutefois, le film est bourré de scènes d'orgies et de prises de drogue. Certaines scènes -le film étant interdit aux moins de 12 ans- comme celles illustrant des orgies avec la prise de cocaïne disposée sur les parties arrières les plus intimes de jeunes créatures dénudées sont vraiment border line. On peut se demander pourquoi Scorsese a tellement insisté à inclure ces nombreuses scènes de débauches, celles-ci à la longue n'apportant finalement pas grand chose à la qualité globale du film. Sinon, le film conçu sur le mode de la comédie est plutôt plaisant à regarder mis à part ces nombreuses scènes décadentes.

Dommage car dans l'ensemble, le film est plutôt réussi et recommandable.

Tag(s) : #Cinéma

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