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Ben Stiller a trouvé la bonne formule

Avec «La vie rêvée de Walter Mitti», Ben Stiller nous propose un film d'aventures rempli de poésie et de rêve où la critique de la société occidentale actuelle sous l'emprise du libéralisme économique n'est pas épargnée. «Et l'humour souvent loufoque de Ben Stiller dans tout cela» me direz-vous? Et bien que les fans du comédien-scénariste-réalisateur se rassurent, les farces traditionnelles et les grosses vannes qui font la renommée de l'acteur sont bien présentes dans ce film. Pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

Le thème du film


Un salarié du célèbre magazine américain «Life» dont l'emploi est menacé se lance à la recherche d'un négatif photographique en parcourant le monde sur les traces du photographe globe-trotter qui a pris le cliché. Son épopée lui permettra de vaincre ses peurs et ses blocages psychologiques et de trouver enfin l'amour qu'il recherchait depuis longtemps.

Le réalisateur et les acteurs


Ben Stiller signe avec ce film son cinquième long métrage en tant que metteur en scène-acteur. Tous ceux qui le connaissent bien et qui ont suivi sa carrière depuis le début savent de quoi Ben Stiller est capable dans ses films. On se souvient que dans le dernier film qu'il a réalisé avant celui-ci, «Tonnerre sous les tropiques», il parodie les films de guerre du type «Rambo» en forçant le trait sur les stéréotypes de ce genre de production. En tournant en dérision les héros suréquipés et armés jusqu'aux dents, Ben Stiller arrive -selon moi- aux limites du ridicule et de la loufoquerie notamment lorsqu'il fait couler à grands flots de l'hémoglobine d'une façon gratuite et complétement inutile dans les scènes ordinaires ou bien lorsqu'il fait de l'humour bien scabreux au dessous de la ceinture.

Mais, dans ce film-là, Ben Stiller arrive à canaliser cette furie humoristique en réussissant parfaitement à éviter les lourdeurs de son dernier film. Mieux, l'apport de l'humour -pas toujours fin il faut bien le dire- de Ben Stiller arrive ici à apporter un plus à un film qui devient par ce biais complétement original.

L'acteur Ben Stiller s'en sort plutôt bien en américain moyen plongé dans la tourmente de la fin de vie d'un journal et du futur de ses employés dont il fait partie. Tour à tour drôle, loufoque puis émouvant, il donne ainsi un aperçu de toutes les facettes de son talent.

L'actrice qui lui donne la réplique, Kristen Wiig, est pour moi la révélation de ce film. Naturelle et sensible, elle joue le rôle d'une employé du journal «Life» qui vient d'arriver dans l'entreprise dans un registre tout à fait juste et convaincant.

Sean Penn joue le rôle de Sean O'Connell, le photographe baroudeur insaisissable et impénétrable. Bref, un rôle taillé complètement sur mesure pour un acteur coutumier de ce genre de compositions hors normes et marginales, qui, une nouvelle fois, s'en sort admirablement.

Le film


Walter Mitti (Ben Stiller) est un modeste employé du magazine américain «Life» depuis 16 années. Timide maladif, il n'ose pas aborder une nouvelle collègue de travail, Cheryl Melhoff, (Kristen Wiig) qu'il trouve particulièrement à son goût. Dans sa société, il est chargé du développement de négatifs de photos illustrant les couvertures et les pages du magazine par l'ancien procédé argentique avec l'aide d'Hernando, son fidèle collaborateur.

L'histoire commence par le débarquement d'une nouvelle équipe de management chargée de gérer la période de transition consécutive à l'évolution électronique du journal. Et bien sur de licencier le personnel en surplus. Le Directeur par intérim décide que la dernière parution du magazine papier devra utiliser le négatif n°25 de la photo prise par le photographe Sean O'Connell (Sean Penn) pour sa couverture. Malheureusement, en arrivant au service ad hoc, le fameux négatif a disparu. Sentant son poste menacé, Walter Mitti va se mettre à la recherche du négatif en suivant pas à pas les traces du photographe à travers la planète jusqu'à ce qu'il le retrouve.

L'histoire de cet américain moyen, timide maladif épris d'une jeune employé fraichement débarquée dans le journal, est le prétexte pour Ben Stiller de s'adonner à sa spécialité, la parodie de films célèbres. Tour à tour, les amateurs de cinéma peuvent ainsi reconnaître ici et là des clins d'œil à des films cultes comme Forest Gump («cours, Walter, cours...») ou Spiderman lors de l'un des nombreux rêves éveillés de Walter. Faut dire que Walter Mitti a tendance à se déconnecter souvent du monde réel en se réfugiant dans des rêves lorsque la réalité devient trop dure à accepter pour lui. Ces scènes d'évasion au cours desquelles il s'imagine en héros imaginaires sont très drôles et remarquablement filmées. Un vrai régal.
Comme l'épisode du sauvetage du petit chien de Chéryl dans un immeuble en feu, prétexte à une parodie du célèbre homme-araignée Spiderman au secours du faible et du nécessiteux. Ou encore la parodie du film «L'étrange histoire de Benjamin Button» où Walter angoissé par la vie et par son nouvel amour naissant, rêve (ou cauchemarde plus exactement) de finir ses jours dans la peau d'un tout petit homme tout ridé dans les bras de sa nouvelle conquête qui elle a vieilli normalement...Ou enfin, ce clin d'œil au film Matrix lors du choix de la couleur (rouge ou bleue) de la voiture de location au fin fond du Groenland parmi un choix pléthorique (le parc de voitures est composé de 2 voitures!!!).

Mais, ce film est également l'occasion pour le spectateur de découvrir de somptueux paysages sur des terres pas trop fréquentées par les touristes comme le Groenland, l'Islande ou l'Afghanistan. La caméra de Ben Stiller se promène donc habilement en signant au passage de superbes cartes postales dans des endroits du monde encore sauvages. Là encore, il faut souligner la superbe photographie du film qui apporte toute une poésie à un film à la base humoristique.

Signalons enfin, la qualité des illustrations musicales tout le long du film avec en point d'orgue, la scène -qui à mon avis va devenir culte- de la course de Walter Mitti sur le tarmacadam de l'aéroport du Groenland en direction de l'hélicoptère sur l'air de «Space Oddity» de David Bowie. Un grand moment du film.

Mon avis


Walter Mittti est un antihéros au départ du film. Timide maladif et introverti, il s'est inscrit sur une agence de rencontres en ligne pour trouver l'âme sœur. C'est en prenant conscience du vide de son existence, à un moment critique de sa vie (il est en train de perdre son emploi) qu'il va arriver à se dépasser et devenir le héros qu'il a toujours rêvé d'être. Sur le thème de l'amour surmontant les obstacles et sublimant les êtres humains, Ben Stiller signe un film remarquable de subtilité et de finesse dans les analyses et les comportements humains, le tout, sur des images de la planète rares et somptueuses.

Dans ce film, Ben Stiller s'emploie INTELLIGEMMENT et habilement à canaliser son humour loufoque en le réservant cette fois uniquement à des scènes rêvées par le héros. C'est à mon sens très réussi car en cantonnant ses excès et ses pitreries à des scènes non réelles, il rend en quelque sorte plus crédible son humour délirant parfois dévastateur et souvent féroce. Cela ne l'empêche nullement d'user de l'humour classique tout au long du film dans les scènes ordinaires.

En restreignant son humour caustique dans certaines scènes non réelles du film, Ben Stiller a enfin trouvé le moyen de produire un film crédible, sincère et émouvant tout en se laissant aller à ses délires dans des scènes à mourir de rire.

Ce film n'est peut être pas un chef d'œuvre mais surement un film marquant dans la carrière de Ben Stiller qui a enfin trouvé le bon dosage.

J'ai en tout cas passé un agréable moment de cinéma.

Tag(s) : #Cinéma

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